Home + L'ÉDITO + + Édito Du 31 Janvier 2014 Par Pierre De Vilno

Édito Du 31 Janvier 2014 Par Pierre De Vilno

Par Pierre de Vilno – journaliste et écrivain. Il présente le journal de la mi-journée sur Europe1

Pierre-de-Vilno

CHOISIR LA FRANCE, C’EST CHOISIR LA FRANCE AVEC SA MENTALITÉ, ET SES PARTICULARITÉS!

 

L’année 2014 a somme toute commencé comme bien des années auparavant.
Les Français, que l’on dit volontiers « chauvins », ne se regardent plus depuis quelques temps le nombril.

 

On regarde les autres : les anglo-saxons, et plus particulièrement, les Saxons.
L’Allemagne est devenue un référentiel pour tout ce qui attrait aux sujets économiques.
La production allemande, quel succès !
La qualité allemande, devenue slogan d’une marque automobile!
Et pendant ce temps, les aigris du pouvoir, ceux qui savent qu’ils n’y parviendront jamais seuls, sauf à travers des alliances avec des Partis qu’ils haïssent pourtant profondément, ceux-là, répriment le « Deutschland überalles », l’Allemagne toute puissante. Pourquoi ? Parce qu’ils ne veulent pas du diktat d’un pays combattu par deux fois en un demi-siècle, sur une Europe qu’ils ont su plus que tout le monde appréhender, sculpter même à leur modèle.
Mais les Français regardent aussi avec jalousie ce qui se passe Outre-Atlantique. Je cite souvent cette phrase de Romain Gary dans son excellent roman : « Au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable ». Cette phrase, ou plutôt ce passage, met en scène un fils quarantenaire, et son père de 20 ou 30 ans son aîné, qui lui explique la vie : « Tu vois, quand aux Etats-Unis une Cadillac se range à ta hauteur à un feu rouge, si tu es américain, tu regardes avec admiration et tu te dis, un jour, moi aussi j’aurai une Cadillac. En France, l’homme de tous les jours voit arriver une grosse berline à sa hauteur, et il s’écrie : quel salaud celui-là avec sa grosse bagnole, il ne peut pas rouler en deux chevaux comme tout le monde ?! ».
J’admire la volonté déjà en 1975 de Romain Gary de voir les Français penser comme les Américains. Mais n’est-ce pas une peine perdue ?

 

Moi, le fils de Polonais arrivés en France, qui à travers ma jeunesse ait connu la Pologne communiste, les magasins vides, les files d’attente aux stations d’essence, les tickets de rationnement, les jours de fête où il y avait de la viande, je m’interroge sur cette France qui est fière des acquis sociaux, de Mai 68, ou de révolutions plus sanguinaires encore comme la Commune de Paris ou encore, 1789.
Le Front Populaire a rabattu des élans de libéralisme qu’on a connus après la première guerre, pour remettre les choses dans le « droit chemin », n’est-ce pas une spécificité Française ? Remettre les choses « comme sur des rails », on est tellement fiers de la SNCF, à tel point, que certains voudraient nous voir tous cheminots. La France n’aime pas les riches. L’argent dans les discussions est tabou, il est sale, il est répugnant. Les acquis sociaux, les RTT, les jours de congés, la sécurité sociale, la mutuelle, la paire de lunettes gratuite par an, le tiers-payant dans les pharmacies, 16h59, je range mes affaires et je pars du bureau pour ne surtout pas rater mon RER ! On est fiers ! Il ya là, indéniablement, ce que j’appelle avec amusement « l’héritage soviétique de la France ».
Alors, comment peut-on encore rêver de l’eldorado Américain ?
Les anglo-saxons sont le contraire de nous! Et certains Américains voudraient bénéficier des avantages que l’on a en France!
On a le pays qu’on décide d’avoir, la Nation est un bien grand mot (qui s’intéresse encore au drapeau?) et pourtant… le vivre ensemble dont on parle tant, n’a-t-il justement pas pour point de départ la Nation ?
Je ne dis pas que l’Amérique c’est bien et que la France c’est mal, ou le contraire. Je dis juste qu’il est simple de choisir le pays dans lequel on vit. Beaucoup de gens en France s’étonnent de voir partir des couples de trentenaires s’installer à Londres, à Shanghai, à Hong-Kong. Ce n’est pas tant une fiscalité qu’ils fuient, c’est une mentalité. La mentalité des œillères, celle du tout pour moi, et moi, et moi, et moi, comme disait la chanson. Mon petit chèque en fin de mois !
Si nous voulons positiver, une seule solution : regarder l’horizon, loin. Choisir la France, c’est choisir la France avec sa mentalité, et donc, ses particularités, sa politique sociale dont on a parlé, contestée ou adulée. Choisir de partir, c’est fuir cette mentalité.
Dans les deux cas, il faut positiver. Si la mentalité d’un pays vous convient, choisissez-le. La France est comme elle est, les autres pays sont loin d’être parfaits, vous en conviendrez, à l’usure.

 

Lire aussi

Excellente année 2017 pleine de Peps :-)

Toute l’équipe de Pepsnews vous souhaite une excellente année 2017 🙂 Articles similaires

%d blogueurs aiment cette page :