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Interview : Eric Madelon nous dit tout sur les 30 ans de la radio Maxximum

Posted by 21 nov. Maxximum on Wednesday, October 23, 2019

 

Pepsnews, le site de l’actu positive se devait de rendre hommage à l’une des radios les plus positives qui ait existé. Il y a 30 ans, le 23 octobre 1989, RTL lançait sa petite soeur Maxximum qui a marqué toute une génération.

Le format était totalement novateur pour l’époque sur un réseau national : house, pop, techno. Une sélection ultra pointue qui a permis de révéler des artistes bien avant leur diffusion sur d’autres radios.

Maxximum

Autre élément de réussite, les animateurs et les journalistes qui avaient un ton différent, et une touche de folie totalement communicative. Une radio résolument en avance sur son temps dont la longévité fut brève. Telle une étoile filante, Maxximum s’éteint en 1992 et devient M40, puis RTL2.

Maxximum

Preuve de ce succès, 30 ans après les fans sont toujours présents et très actifs sur les réseaux sociaux au point qu’une soirée aura lieu le 21 novembre au Rex Club. Les bénéfices seront reversés à l’association A.R.T.U.R. contre le cancer en hommage à Fred Riester, figure historique de la station, disparu récemment. L’évènement à l’initiative de Joachim Garraud réunira entre autre Pat Angeli, Cocto et Eric Madelon, que nous avons rencontré :

INTERVIEW PEPSNEWS

 

Eric MadelonBonjour Eric, pour ceux qui ne connaissent pas Maxximum, comment décrire cette radio ?… un OVNI sur la bande FM ?…

Éric Madelon : « C’est exactement cela, Maxximum était calquée sur un modèle américain, avec un esprit novateur. L’auditeur devait être en permanence dans le rythme et les beats de la musique ultra rythmée. Cela pouvait les rebuter la première fois mais lorsqu’ils écoutaient une autre radio, ils trouvaient que c’était moins dynamique, voire mou et ringard et ils revenaient sur Maxximum et là, ils étaient bloqués. Ce que je dis là, ce sont des auditeurs qui me l’ont raconté ».

Maxximum en quelques titres emblématiques ?…

E.M. : « The KLF : What time is love  –  Digital Vamp : You can take my body  –  Spectrum : Brazil  –  Lisa Stansfield : All around the world  –  Joey Beltram : Energy Flash  –  Deee-Lite : Groove is in the heart  –  Acid Rock : the rhythm Device ».

Tu animais la tranche du soir, être animateur sur Maxximum ça se passait comment ?

E.M. : « Le soir la programmation était plus musclée, plus connectée à l’univers de la discothèque le boy, des soirées gays parisiennes. Je prenais un pied terrible. J’animais aussi le Reve-Maxx avec Laurent Garnier et je co-animais le Maxx-import avec Pat Angeli. Le principal moteur de toute cette joie à Maxximum, c’était la musique, on marchait à ça. La première fois où j’ai travaillé, j’ai du perdre 5 kgs tellement ça allait vite ! Tous les morceaux étaient reformatés pour notre antenne, c’est pour cela qu’ils étaient exclusifs, les intro on les raccourcissait, même les ponts au milieu on les raccourcissait… »

Maxximum c’était aussi des soirées incroyables retransmises en direct, notamment au boy où vous receviez les artistes qui passaient sur votre antenne. Tu peux nous en parler ?

E.M. : « C’était Pat Angeli qui les animait, Quand les artistes passaient, tout s’enchainait à la seconde près, tout était calibré et millimétré grâce aux répétitions, c’était vraiment très militaire ! Les interventions était courtes, rythmées et très dynamiques. Elle étaient retransmises par satellite, à l’époque c’était nouveau ! Le type qui était dans sa campagne à 30 km de Bordeaux, il était en direct du Boy dans sa chambre. C’était complètement magique ! »

Le succès de Maxximum était tel que votre signal était piraté par des radios locales qui vous diffusaient sans autorisation…

E.M. : « Oui on était au courant, c’était totalement illégal mais ça nous arrangeait bien ! En Suisse notamment un technicien qui était l’un de nos premiers fans nous rediffusait. Il y avait même des K7 qui étaient revendues à des DJ qui travaillaient dans des boites en Grèce. D’ailleurs dans le monde entier des K7 circulaient… »

Comment se passait la cohabitation avec les autres radios sur la bande FM ?

E.M. : « Les autres radios ont pris un sacré coup de vieux ! On avait des liners où on les citait en faisait exprès de déplacer les BIP pour qu’on comprenne de qui on parlait… On était taquin ! Elles n’avaient pas la même optique que nous, elles attendaient de voir ce qui marchait en province et ensuite elles le diffusaient sur les réseaux nationaux. Chez nous tout était fait à l’oreille… »

Maxximum s’est arrêtée en 1992 et pourtant 30 ans après, les fans sont toujours présents et très actifs sur les réseaux sociaux, on a l’impression que la radio ne s’est jamais vraiment arrêtée, comment expliques-tu cela ?

E.M. :  « C’est vrai que c’est incroyable… je crois qu’en Europe il y a 2 radios qui sont restées mythiques : radio Caroline qui diffusait du rock et Maxximum. Si une radio FM s’arrêtait aujourd’hui je ne suis pas persuadé qu’on en parlerait dans 30 ans comme on parle de Maxximum. Je pense qu’on ne s’est pas moqué des gens. On était réellement sincère, on avait un management qui nous disait : vous parlez à des gens qui sortent la nuit, vous diffusez ça à des gens qui ne sortent pas forcément en club donc pour savoir de quoi vous parlez vous devez sortir la nuit. Y’a combien de patrons qui te disent ça dans le monde ?…  On faisait des fêtes de malades ! Et le lendemain quand on était à l’antenne on faisait vivre ça, il fallait qu’on raconte ce qu’on avait vécu, en plaçant Maxximum au début et à la fin de l’intervention et qu’on ait la patate, le tout en 15 secondes ! C’était génial. Les animateurs, les programmateurs faisaient tout pour élever les gens, en terme de culture musicale. Ça a créé une alchimie qui fait qu’aujourd’hui encore, on parle de Maxximum »

Qu’est-ce que cette radio a changé pour toi ?

E.M. : « On avait des règles de radio qui me servent encore aujourd’hui parce qu’elles étaient bonnes. Par exemple quand on passait la porte de la radio, on oubliait nos problèmes. On étaient payés non pas pour faire rêver les gens mais pour les faire sortir de leur quotidien. La fin de Maxximum a été très dure pour moi. »

Si Maxximum existait toujours en 2019, elle serait comment aujourd’hui cette radio ?

E.M. : « Maxximum aurait évolué avec le temps, le management et les animateurs auraient peut-être changé mais je pense qu’on serait leader à Paris et qu’elle serait la première radio dance en France. »

Vous organisez une soirée évènement pour les 30 ans de Maxximum avec notamment Joachim Garraud, autre figure emblématique de cette radio. Que va-t-il se passer au Rex Club le 21 novembre ?

E.M. : « Il y a des surprises qui sont en préparation. Tout ce que je peux dire c’est qu’il y aura un beau décor et un bel accueil… Il reste encore quelques places donc dépêchez-vous ! »

Les bénéfices seront reversés à l’association A.R.T.U.R. qui lutte contre le cancer du rein en hommage à Fred Riester décédé récemment, qui a notamment ouvert et fermé l’antenne de Maxximum.

E.M. : « Il y a un site qui a été créé pour l’occasion, maxx211.com et l’objectif c’est de récupérer un maxx de fonds grâce au merchandising et c’est pour une bonne cause parce que tout l’argent sera reversé à l’association A.R.T.U.R. qui lutte contre le cancer du rein, association à laquelle Fred Riester avait décidé de reverser toutes les ventes de son livre « faire danser les gens ». Fred aurait du être avec nous et Joachim qui est à l’origine de cette soirée et qui a embarqué tout le monde, nous a dit : Fred n’est pas là mais on va faire un maxximum de fric pour donner à l’association. Fred a travaillé avec 2 associations, l’une américaine et l’autre française mais toutes les 2 dépendaient de son chirurgien. Et on sait que si l’on donne 1€, il y a 1€ qui est reversé. »

Au delà de cette aventure vous avez créé des liens extrêmement forts entre vous ?

E.M. « On est tous liés par cette aventure commune, on est un noyau dur, on se retrouve régulièrement. Les liens sont là à vie. C’est comme un couple qui divorce, on n’est plus ensemble mais on se revoit pour les gosses. C’est une fraternité qui ne rompra pas »

Un souvenir particulier de Maxximum ?…

E.M. : « Au boy, on croisait Jean-Paul Gaultier, Thierry Mugler, Madonna… On vivait tellement la nuit qu’une fois je me suis trompé de route en rentrant chez moi, je suis rentré exceptionnellement de jour et je n’ai pas reconnu la rue ! »

Maxximum
Eric Madelon est aujourd’hui collaborateur parlementaire, fondateur de Eric Madelon communication, président de la radio RTV 95.7 et animateur sur Rires & Chansons.

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