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“Le Vinyle est mort, vive le Vinyle” : l’édito de Benjamin Petrover

Benjamin Petrover est journaliste.Ex Europe1, il collabore aujourd’hui à  i>télé, il publie son 1er livre  « Ils ont tué mon disque » (Ed First) .

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Le 3 mai 1993, le 45 tours était officiellement retiré des bacs après un demi-siècle de bons et loyaux services. « Finies les deux minutes trente-cinq de bonheur chantées par Sylvie Vartan ! La petite rondelle de vinyle noire a été tuée par le CD », annonçait alors Jean-Claude Narcy, un brin nostalgique, au 20 heures de TF1.
Mais l’Histoire – ou plutôt le public – en a voulu autrement..

A l’heure de la dématérialisation, du streaming et du téléchargement à gogo, ce support apparu à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale fait un retour fracassant. A la Fnac, des rayons entiers de vinyles sortent de terre. Dans les grandes villes de France, les disquaires indépendants rouvrent leurs portes. Le village planétaire, loin d’être virtuel, a montré qu’il avait besoin d’une attache forte et de repères. Le public a besoin de partager la musique qu’il écoute. Il a besoin de porter entre ses doigts un objet de désir et de sentiments. Bref, il a besoin d’aimer le disque. Or seul le microsillon est à ce jour capable d’incarner cet amour matériel.
« Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon semblable à cent mille petits garçons » expliquait le renard au Petit Prince. C’est exactement ce qui est arrivé aux autres supports. Le CD est un plastique froid qui sert tout autant à écouter de la musique, visionner des films, stocker des données ou des archives de notre disque dur. Il n’a rien d’unique. LE MP3 est virtuel, dupliquable en milliers d’exemplaires d’un simple clic. Là encore, il n’est pas un être cher. Quant au stream, il se loue, ne nous appartient même plus et s’échappe de nos doigts dans les cieux du cloud.

Le voyage dans lequel nous emmène le microsillon est si différent que l’objet n’a jamais vraiment disparu, malgré les injonctions des industriels. La pochette, souvent usée par le temps, griffonnée par nos soins contient tous nos souvenirs. L’objet est à nos yeux unique au monde et nous l’avons apprivoisé.

Soyons lucides. Le vinyle ne représente à ce jour que 2,7% du marché du disque physique et cet engouement, qualifié par certains de phénomène de mode, s’éteindra sans doute. Mais il est un symbole fort, et sa belle pochette soignée est un étendard que sont fiers d’exhiber tous les amoureux du son.

Alors ce week-end, célébrons ensemble l’amour de la musique sous toutes ses formes et par tous ses sillons. Car le Disquaire Day n’est rien d’autre qu’un grand cri d’amour : oui, la musique est bonne, et non le disque n’est pas mort !

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