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L’édito positif de Laurent Kupferman sur l’Histoire…

Laurent Kupferman est écrivain. Il anime aussi  la nouvelle émission littéraire sur YouBooxChannel.

IMG_6091L’Année 2014, qui se termine, a ouvert le cycle de commémorations du centenaire du terrifiant premier conflit mondial. Cette conflagration planétaire a marqué une nouvelle ère dans les guerres entre les grandes puissances, en ouvrant des fronts sur lesquels s’engageront des puissances anciennes de la Vieille Europe, et les nouvelles puissances émergentes. Il ne s’agit pas ici de parler des causes de ce conflit qui fera plusieurs millions de morts. De ce drame, sont nées une idée et des institutions nouvelles qui ont ouvert une note d’espoir dans les relations internationales…

Ordo ab chaos, l’Ordre nait du Chaos et c’est malheureusement parfois sur les décombres fumants que l’Humanité s’élève.

Une idée qui émergeait avec difficulté depuis la fin du XIX éme siècle prend alors son essor : la nécessité de créer un tribunal international permanent afin de prévenir, parfois même régler les conflits entre les Etats. Ce sera la Société des Nations.

Crée en 1919, elle aura deux parrains : un Français, Léon Bourgeois (1851-1925) , qui sera son Premier Président, et bien sur le chef de la nouvelle puissance émergente, le 28 ème président des Etats-Unis d’Amérique , Woodrow Wilson (1856-1924). Dans ce nouveau monde né de l’après-guerre, les Etats-Unis d’Amérique, sont devenus les gendarmes du monde et sans eux, rien de nouveau n’est devenu possible.

Les deux hommes recevront le Prix Nobel de la Paix, en 1919, pour Wilson, en 1920 pour Léon Bourgeois.

Dès la fin du XIXème siècle, Léon Bourgeois pressentait la nécessité de trouver un équilibre entre les intérêts d’ordre matériel, économiques, sanitaires et politiques. Mais à cela il ajoute une condition : celle de respecter un intérêt plus général encore, celui du maintien de la paix, fondée sur le respect des droits réciproques, et l’intérêt supérieur de l’Humanité. En clair c’est à ce moment que se forge un pilier de notre société contemporaine : le droit international qui régit les relations entre les Etats, en partant du constat que les destinées des Etats, comme celles des femmes et des hommes qui les peuplent, sont profondément liées. Certes des intérêts, parfois légitimes, peuvent cliver et tendre les rapports, mais ils doivent finalement plier devant l’intérêt supérieur de l’Humanité sous peine du chaos ultime.

À sa manière, on peut considérer que ce grand homme politique français, qu’est Léon Bourgeois, est le grand-père notamment du Tribunal Pénal International qui permet de juger un chef d’Etat lorsqu’il commet un crime, mais aussi celui des Nations Unies qui veillent à prévenir les conflits, à parfois les régler lorsque cela est possible. De même sans lui, aurait-t-on ces grandes agences internationales dont l’objectif est de créer du lien entre les citoyens du monde dans des lieux où ils sont laissés pour compte par certains Etats?

C’est un pas de géant que l ‘Humanité a fait grâce à cet homme , au physique un peu falot, typique de celui d’un haut fonctionnaire de la Troisième République.

Par un curieux retournement de l’Histoire, Léon Bourgeois qui est un des rares Prix Nobel de La Paix français, et dont l’action internationale a structuré notre monde contemporain, est tombé dans les oubliettes de l’Histoire. On murmure que c’est un autre de ses contemporains Georges Clémenceau, le fameux tigre qui l’ y aurait poussé.

Quoiqu’il en  soit , en ce moment où l’on commémore la Grande Guerre , il était juste et bon de rappeler l’action fondatrice de Léon Bourgeois que ses contemporains appelaient , à juste titre, l’Ange de la Paix.

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