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L’édito positif de Thomas Joubert sur les médias…

Thomas Joubert  est journaliste spécialiste des médias à Europe 1 et auteur du livre “Les Années Top 50” (Gründ)

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Mais où est passée la bienveillance ? Le monde va trop vite. Ces dernières années, le rythme de l’actualité s’est considérablement accéléré avec l’arrivée des chaines d’info en continu et l’émergence des réseaux sociaux. Une information en chasse une autre, les tweets se retweetent à toute vitesse et le monde est obligé de suivre. Les politiques doivent multiplier les apparitions, les journalistes enchainer les duplex. Nicolas Sarkozy, symbole de l’hyperprésident, a largement contribué à cette accélération de l’information en voulant être partout tout le temps. Aujourd’hui le quinquennat de François Hollande en fait les frais car malgré lui le chef de l’Etat semble avoir du mal à suivre. On ne compte plus les erreurs de communication, les changements d’organigramme de l’Elysée, ni évidemment les unes des magazines people. François Hollande est le premier président français à vivre cette accélération de l’information et aussi la fin de certains scrupules journalistiques. Il est scruté en permanence par les caméras, les photographes, les smartphones. Ses moindres faits et gestes se retrouvent commentés, disséqués, moqués. De ses faux-pas stylistiques (la cravate de travers, le port d’un costume traditionnel au Kazakhstan…) à ses incartades amoureuses en scooter, tout se sait, tout se voit.

 

Il faut dire que l’époque est à la moquerie et aux sarcasmes. Les réseaux sociaux – par ailleurs formidable source d’information en temps réel – ont favorisé l’émergence de ceux qu’on appelle les « haters » : ceux qui détestent. Les remarques de haine et de détestation étaient autrefois réservées aux malheureux préposés à la lecture du courrier des lecteurs. Rappelons que de tout temps, les rédactions ont reçu des lettres fort peu aimables destinées à tel ou tel journaliste, animateur ou intervenant. Mais leurs auteurs, souvent anonymes devaient faire l’effort d’écrire sur un morceau de papier, de trouver l’adresse de destination et surtout de payer un timbre ! Aujourd’hui ceux qui aiment détester ont trouvé un terrain de jeux bien plus accessibles : les réseaux sociaux. Il est devenu tellement simple d’envoyer un message de haine tout en conservant son anonymat. Pourquoi s’en priver ?

 

Alors sur ce site réservé à l’actualité positive, j’en viens à rêver d’un monde où quelques messages haineux postés sur les réseaux sociaux ne feraient plus l’opinion. Je rêve d’un retour à une certaine bienveillance, où un président de la République pourrait se balader sous la pluie sans provoquer l’hilarité générale des internautes, où un animateur pourrait présenter une nouvelle émission sans quelle soit condamnée par quelques excités du clavier avant même d’avoir commencé. Bref qu’on retrouve sur ces réseaux sociaux un peu de positif et plus seulement des messages en 140 mauvais caractères.

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