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Paris 2024 : le goût des mets, le refus des mais et l’envie d’aimer par Sylvère-Henry Cissé

Sylvère-Henry Cissé est Journaliste,Président du Club Sport & Démocratie  et Ambassadeur Paris 2024.

Tout était déjà joué !  le CIO a vécu pour la première fois une réunion apaisée d’attribution des Jeux Olympiques. Les villes candidates à l’organisation du plus grand événement sportif de la planète n’avaient pas la boule au ventre à Lima au moment de l’annonce du résultat. LA ne s’est pas demandée pas qui l’a trahie, le suspense réduit à néant en raison de l’accord tripartite entre le comité international olympique, Paris et Los Angeles : 2024 pour la capitale française, 2028 pour la cité des anges.

 Cette absence de dramaturgie a reporté toute l’attention de la presse sur les risques dérapage en matière budgétaire. Les craintes sont fondées. Le coût pharaonique de jeux de Sotchi en 2014, les infrastructures laissées à l’abandon à Athènes en 2004 ou à Rio l’année dernière sont autant de motifs d’inquiétude. Mais, il faut enfin reconnaitre les vertus du vieux modèle français qui possède aujourd’hui une large offre d’infrastructures variés qui fait de la candidature de Paris un cas unique dans l’histoire de Jeux. Certes, on pourra toujours reprocher aux collectivités locales de bricoler, parfois, et de ne pas assez financer les politiques sportives. Mais, aucun pays auparavant ne possédait 95% des équipements pour accueillir une session des J.O.

 

 

Les budgets de Londres 2012 et de Pékin 2008, plus du double de ce qui avait été annoncé, donnent des sueurs froides aux opposants aux J.O. Ils sont souvent utilisés par eux pour contester l’opportunité  d’une dépense publique d’environ 1,5 Milliard à minima au détriment d’autres investissements jugés  plus importants. Certes ,le budget prévisionnel parisien de 6,6 milliards semble modeste et les engagements financiers des éditions précédentes n’ont jamais été respectés. Cependant, les statistiques ne concernent que le passé, jamais le présent et l’avenir. Le dossier de Paris 2024 est solide. Les promesses ont de nombreuses chances d’être tenues.

 

De nombreux sujets touchant à la candidature irritent une minorité de Français, puisque 83 % la soutiennent. Demander à un anti-corrida de convaincre un pro-corrida et vice et versa est une perte de temps. Nous ne pourrons pas convaincre les radicalisés anti-JO. Il faudra donc faire preuve de pédagogie et expliquer patiemment  à tous ceux qui doutent la réalité de l’engagement de Paris 2024. Les émerveillés lucides et pragmatiques enchantés par Paris 2024, et j’en suis, devront délivrer une parole de vérité chiffrée pour chasser les rumeurs, briser les idées reçues et vanter les bonnes pratiques !
Et dans cet optique, faisons confiance à la « Dream Team » qui a ramené à Paris les jeux 100 ans après. Elle boucle l’exercice de candidature avec un bilan positif de quelques millions d’euros. Un somme certainement reversée au Comité d’organisation qui verra le jour au début de l’année prochaine. Cette équipe a su se débarrasser d’un complexe d’infériorité récurrent, très français, et qui étouffe l’initiative et l’originalité. Elle ne s’est pas comparée à d’autres projets. Elle a su créer son propre modèle, une matrice ambitieuse où le projet sportif était soutenu par les univers de l’entreprise, de la culture et des arts. Elle a dynamité les frontières et elle s’est appuyée sur une matière humaine, une expertise et un savoir-faire. Le plus bel exemple est la présence d’Alain Ducasse dans la délégation à Lima. En cela, la “Dream Team” était en accord avec ma profession de foi que j’aime répèter à l’envi : 
le goût des mets, le refus des mais, l’envie d’aimer.

 

Paris 2024 sera une charnière. Celle qui marquera une rupture avec les problématiques budgétaires d’antan et fera rentrer le CIO dans une nouvelle ère, plus responsable, où les dépenses des projets de candidatures seront (je l’espère) contrôlées, respecteront l’environnement et les populations.
Le pari de tenir le budget passe, à mon sens, aussi par un changement de statut de la charte olympique, afin d’envisager une candidature commune, comme pour la Coupe du monde de football en Corée du Sud et le Japon en 2002, ou le championnat d’Europe des nations 2012 en Pologne et en Ukraine. Cette nouvelle donne permettra de mieux répartir les dépenses et de renforcer les principes de fraternité. J’imagine par exemple une candidature hispano-marocain. Elle serait fruit d’une union entre l’Europe et l’Afrique et un exemple fort en expressions et en symboles.

 

Sylvère-Henry Cissé
Journaliste
Président du Club Sport & Démocratie
Ambassadeur Paris 2024

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