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PepsCoachs : Sophie Peters vous donne ses conseils pour tenir jusqu’au 11 mai

Tenir donc. Tenir jusqu’à cette date du 11 mai. En France tout du moins. En sachant que le 11 mai n’est pas une reprise “as usual”. C’est encore un moment d’adaptation qui nous est demandé. Alors, à la façon qu’ont les marins pour tenir en mer lors de tempêtes imprévues ou malvenues, qu’ont les sportifs pour remporter des challenges, ou les armées dans des états de guerre, il s’agit de mobiliser certaines facultés disponibles à tout être humain. Des facultés dont nous n’avons pas souvent l’usage dans nos vies, et pourtant fort utiles en cas d’épreuve. Des facultés qui sont les fondements de notre responsabilité. Qu’est-ce qu’être responsable ? C’est apporter une réponse à une situation. En l’occurrence, le courage, la confiance, et l’humilité participent à une réponse adéquate à la situation que nous vivons, voire pour certains que nous subissons.

Le courage convoque à la fois la ténacité -savoir tenir- et la volonté -ne pas se décourager-. Le courage, on le trouve dans la racine du mot coeur, dans la rage au coeur. Dans le Cid de Corneille Rodrigue as-tu du coeur ? Demande le père à son fils. Il lui demande s’il a du courage. Notre vie prend un nouveau tournant dès lors que l’on réalise qu’elle n’est pas à endurer, à subir ou à tolérer. Comment avoir du courage ? En ne se laissant pas décourager par des petites actions quotidiennes. Et en nous consacrant chaque jour à ce qui compte réellement pour nous dans ce moment difficile. Sans vouloir maîtriser ce qui n’est pas de notre ressort. Constance donc dans le courage. Beckett, le grand maître du théâtre de l’absurde résume ainsi le courage : “il faut continuer, je ne peux pas continuer, je vais continuer”.

Nous y sommes. Avec les risques nécessaires à prendre : celui de faire confiance. Le management contemporain nous a appris que montrer nos faiblesses à autrui revient à lui donner la possibilité de nous blesser. Nous sommes convaincus que l’autre est une menace. Entrée dans la défiance, notre société est paralysée par la peur. Avec le coronavirus nous atteignons des sommets. Or ce que nous enseigne cette pandémie, c’est que pour s’en relever sans trop de dommages il va falloir se faire confiance. Se faire confiance mutuellement, c’est chercher en toute bonne foi un terrain d’entente en harmonisant des points de vue divergents. Cela suppose de ne pas se vivre en adversaire, mais en partenaire. C’est un puissant outil d’innovation et de qualité de nos relations favorisant respect, reconnaissance et créativité. 

Encore faut-il accepter de laisser un peu de place à cette troisième faculté : l’humilité.

Nous qui nous voulons toujours forts, dans la réussite, dans la lumière, contrôlant tout ce qui peut l’être, nous qui cherchons toujours et en tout lieu à faire ce qui convient au succès, voilà que, nous faisons une expérience fondamentale : celle de notre vulnérabilité. Et avec elle, nous redécouvrons que nous sommes mortels. En faisant figurer la formule de Socrate au fronton du temple de Delphes « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux », les grecs ne voulaient pas tous nous envoyer en thérapie. Ni dans des formations en développement personnel. Ils attiraient notre attention sur les dangers de l’Hybris. Le penchant (naturel?) des humains à se prendre pour des Dieux, à défier le divin, tel Prométhée, bref à la démesure. Et voici qu’un virus venu d’un animal étrange et étranger, nous ramène à notre condition de mortel, à notre humilité, l’humus, la terre. 

Alors avec ces trois facultés que vous aurez mis à profit durant cette période, vous saurez le moment venu, lors de la reprise de l’activité, plonger dans vos ressources qui n’auront pas été abîmées. Vous aurez veillé à ne pas vous épuiser, ni vos proches, ni vous-même. A doser la pression correctement, à calmer vos peurs de ne pas en faire assez, ou assez bien. Et c’est dans une écoute respectueuse des uns et des autres que vous trouverez les bonnes réponses.

Restez donc à l’écoute, la vôtre et celle de votre entourage, collègues et amis. Souvenez vous que le temps ne pardonne pas ce qu’on fait sans lui. Alors oui, du temps aura été, comme on dit, perdu, et vous devrez en faire le deuil au risque sinon de vous épuiser et d’épuiser vos éq