Accueil +Écologie RESAP, la marque de recyclage bouscule les codes du textile

RESAP, la marque de recyclage bouscule les codes du textile

Resap Paris, créée par Daphné et Mona, deux étudiantes en école d’ingénieur, s’impose peu à peu dans le monde de la mode. Leur manière de travailler est simple, mais innovante. La marque fonctionne avec un procédé de recyclage de textile de seconde main.

Un vêtement est gardé moitié moins longtemps qu’il y a 15 ans, le faisant passer d’une vie de 9 ans à 4,5 ans en moyenne (Mac Arthur fondation report). Le gaspillage est immense, surtout quand on sait que beaucoup de ces vêtements sont constitués de fibres dangereuses pour l’environnement comme le polyester. Cette matière compose près de la moitié des vêtements dans le monde.

L’upcycling

Resap semble avoir trouvé la solution pour lutter contre le gaspillage et la pollution liée au textile : l’upcycling. Daphné, l’une des fondatrice de la marque, nous explique en quoi consiste ce procédé. « Il s’agit d’une pratique de recyclage. Prendre de la matière qui existe déjà, qui n’a plus beaucoup de valeur et de la transformer pour lui en redonner ». Cette méthode est 100 % écologique puisqu’elle n’utilise que des produits déjà utilisés auparavant. Ensuite, ils sont transformés dans l’atelier de Resap afin d’être à nouveau utilisables. « On prend des vêtements de seconde main, qui sont considérés comme des déchets par leurs anciens propriétaires. On va ensuite les transformer selon notre direction artistique. Notre but est d’allonger la durée de vie du produit en lui redonnant aussi de la valeur sous une nouvelle forme ».

Produit de la marque Resap
Une alternative à la fast-fashion

Chaque année en France, environ 700 000 tonnes de vêtements sont achetés. L’avènement de marques comme H&M, Zara ou encore Boohoo ont fait exploser la course à l’acquisition de vêtements. Et forcément, ces marques dites de fast-fashion contribuent à une pollution et à un gaspillage massif de produits textiles.

Lorsque Resap est créé en mars 2020, Daphné et Mona, les fondatrices de la marque veulent porter l’ambition d’une « consommation qui a du sens ». Elles sont à l’époque en école d’ingénieurs et sont « révoltées » par les conditions de fabrication des vêtements. Elles sont parties d’une idée simple : que faire des vêtements que l’on ne porte plus et qui sont stockés dans nos placards ? Tout simplement les « repimper », leur donner une seconde vie. Elles vont alors en centre de tri et récupèrent les vêtements. Vient par la suite toute la partie création des modèles dans l’atelier.

Démocratiser l’upcycling

Au-delà de la marque et de l’aspect entrepreneurial du projet des deux étudiantes, il y a un but pédagogique. « On aime bien dire que Resap est plus qu’une marque. On veut aller beaucoup plus loin et démocratiser l’upcycling » déclare Daphné. C’est pourquoi elles proposent des ateliers de couture où les personnes apprennent à coudre elles-mêmes avec des matières usées. « On propose aussi des box DIY. Ce sont des box que l’on vends et qui permettent de confectionner par soi-même son petit sac par exemple. On veut que les gens se rendent compte que les vêtements qu’ils ont chez eux et qu’ils ne mettent plus sont encore réutilisables ».

De plus, Daphné insiste sur le fait que le recyclage de vêtements ne doit plus être une option. « Dans toute la chaîne de conception d’un produit, tout doit-être conçu écologiquement. Et c’est aussi le rôle du consommateur d’avoir cette conscience et de se dire ok, je vais privilégier le recyclage de vêtement plutôt que d’acheter et d’alimenter une industrie destructrice de l’environnement ».

Sur le long terme, Daphné et Mona souhaitent que Resap devienne un pilier de l’upcycling en France. Leur dernière collaboration avec Levi’s, l’un des géants de la mode, montre une ascension fulgurante dans le domaine. Mais surtout une tendance des consommateurs pour l’achat de vêtements éthiques et de seconde main.

 

 

 

 

Article précédent« Nous Tous » : le film événement pour réinventer le vivre-ensemble
Article suivant« Sur la route des rêves », l’association de sportifs pour la bonne cause