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Wicasaya, la solidarité à tout prix au coeur de Bobigny

Logo de l'association

Au cœur de la ville de Bobigny dans le 93, l’association Wicasaya accompagne les plus démunis. Créée il y a 3 ans par Clara Robin, elle décrit celle-ci comme étant une association d’aide alimentaire, mais son champ d’action est plus vaste que ça.

« Ah pour entrer ici, il faut le mériter croyez-moi ! » s’écrie Clara. Son petit local fait office de bureau et de lieu de partage pour tous les bénéficiaires. Il est bien caché au rez-de-chaussée d’un immeuble. Pour entrer dans l’association, il faut en effet passer par un petit chemin, exiguë, entre des échafaudages posés ici pour ravaler la façade du bâtiment et le mur. Par terre, des détritus de toute sorte, des aliments, des ustensiles de cuisine, des papiers… Même une photo personnelle appartenant à un résident des appartements est posée  au-dessus des locaux. « Il faut faire attention quand on passe par là, on n’est pas à l’abri de recevoir des choses sur la tête… », nous prévient-elle.

Humanité

« C’est presque comme une seconde maison si je puis dire, les gens viennent ici pour récupérer des denrées essentielles à leur vie bien sûr, mais pas seulement. Ils sont aussi là pour chercher du réconfort ». Et c’est bien ce qu’a voulu faire Clara en créant il y a 3 ans cette association. WICASAYA, « Ça vient du sioux et ça signifie « humanité ». J’aime beaucoup la culture amérindienne, alors j’ai décidé d’apporter cette petite touche étrangère. Et puis il y a le mot casa, je considère ce lieu comme une maison ouverte à ceux qui en ont besoin, donc le titre est bien choisi ».

Wicasaya cohabite avec Activille, une autre association qui lutte contre le gaspillage et aborde des thèmes environnementaux. Elle a aussi élu domicile dans les mêmes locaux quelques mois avant que Clara n’arrive. « J’aurai bien aimé arriver avant eux, j’aurai pu prendre plus de place » nous dit-elle en souriant. « Ça a été monté avec le territoire, la préfecture, la CAF et les assistants sociaux de Bobigny ».

L’épicerie solidaire

Elle présente la partie épicerie, « ce pour quoi les gens viennent principalement » ajoute-elle. Dans cette petite pièce, des étagères où des produits de toutes sortes sont disposés : des pâtes, des céréales, du lait, des œufs, des boissons, du beurre (dans le réfrigérateur), des haricots, des petits pois… De quoi nourrir des centaines de personnes. Des produits d’hygiènes et ménagers y sont aussi exposés comme des serviettes pour femmes, du shampoing, des brosses à dent ou encore de l’assouplissant.

Pièce où sont rangées les denrées de l’association.

Clara nous explique : « On essaie de développer des nouveaux produits ici. Je me suis aperçue que les gens voulaient découvrir de nouveaux produits comme le bio par exemple ou des produits non transformés ». Ces produits sont commandés sur une plateforme : REVIVRE ÎLE-DE FRANCE. Les prix y sont déjà peu chers lorsque Clara les commande, et lorsqu’ils sont posés sur les étagères pour être revendus aux bénéficiaires, ceux-ci peuvent être baissés à 30% du prix initial. D’après Clara, c’est la BAPIF (Banque alimentaire Paris Île-de- France) qui gère et donne les limites des prix des produits.

« Je m’efforce de créer du lien »

C’est environ deux-cents personnes qui bénéficient aujourd’hui des aides de l’association. Parmi elles il y a évidemment les habitants de Bobigny, « c’est dans le protocole » nous affirme Clara. Mais elle fait des exceptions quand c’est nécessaire. « Si quelqu’un arrive en situation d’urgence, on ne va pas lui fermer notre porte. Il sera le bienvenu mais malheureusement pour ces personnes on ne peut pas faire de suivi, il arrive qu’ils disparaissent du jour au lendemain… ».

Pour elle, son épicerie va beaucoup plus loin dans le processus d’aide aux bénéficiaires. «Dans d’autres associations comme Emmaüs ou la croix rouge, il n’y a pas un réel suivi des personnes. Moi je m’efforce de créer du lien avec ces gens. Je veux qu’ils viennent aux ateliers, qu’ils ne restent pas seuls avec leurs problèmes. Je compare cette épicerie à un théâtre. Il y a les acteurs comme moi ou le conseil d’administration, et derrière les coulisses avec des ateliers qui nous permettent justement de créer ce lien ».

 

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